Appel à communication – Journée d’étude de l’AJCN 395

Appel à communication

Archéologie volée, trahie, sublimée :

Enquête sur l’existence d’un modèle archéologique dans les autres disciplines du savoir

Deuxième journée d’étude pluridisciplinaire de l’AJCN 395, Université Paris-Nanterre, décembre 2018

Lieu : Université Paris-Nanterre
Date : vendredi 7 décembre 2018
Date limite de soumission : 31 août 2018
Contact et envoi des propositions : les propositions de communication comprises entre 250 et 350 mots et assorties d’un bref CV sont à envoyer à ajcn395@gmail.com.

Fondée en 2016 au sein de l’Université Paris-Nanterre, l’Association des Jeunes Chercheurs de Nanterre – E.D. 395 (AJCN 395) a pour projet de promouvoir l’interdisciplinarité, qualité spécifique de l’École doctorale 395 « Cultures, Milieux et Sociétés du Passé et du Présent », composée de neuf disciplines issues des Sciences Humaines et Sociales. Pour la deuxième édition de cette journée d’étude annuelle, elle confirme son objectif de développement des réflexions diachroniques et interdisciplinaires en s’associant à l’École doctorale 138 « Lettres, Langues, Spectacles ». Nous invitons les jeunes chercheuses et chercheurs en Lettres et Sciences Humaines et Sociales (doctorant·es et docteur·es ayant soutenu depuis moins de 2 ans) à participer à cette deuxième journée d’étude, qui aura lieu le 7 décembre 2018, et portera sur les emplois de la notion d’archéologie par les autres disciplines.

Dans Mythes, emblèmes, traces, l’historien Carlo Ginzburg (Ginzburg 1989) s’est interrogé sur le rôle de l’archéologie dans l’essor au xixe siècle d’un véritable « paradigme indiciaire » en rupture avec le modèle scientifique galiléen. On connaît généralement la prégnance du modèle archéologique dans la psychanalyse telle que la formalise Sigmund Freud au tournant des xixe et xxe siècles. Les analogies qui traversent l’œuvre de ce dernier tendent effectivement à indexer l’enquête analytique sur une représentation de la « fouille », l’archéologie pouvant être conçue comme un mode d’interprétation des vestiges du passé susceptible d’être adapté à d’autres champs de la connaissance. Autre tentative d’annexion particulièrement frappante, l’archéologie du savoir développée par Michel Foucault à la fin des années 1960 semble avoir fait de ce mode d’investigation une voie royale de l’épistémologie contemporaine. Le philosophe semble s’être approprié la métaphore freudienne pour l’opposer aux méthodes historiographiques totalisantes. Pour lui, « l’analyse archéologique individualise et décrit des formations discursives » (Foucault 1969, 205). Cette approche s’inscrit dans une histoire générale, dégagée de tout enjeu téléologique ou herméneutique.

Mais l’archéologie elle-même a construit sa méthode en s’appuyant sur d’autres disciplines. Elle fut dans un premier temps pensée comme une technique destinée à confirmer les textes anciens – ceux de Pline le Jeune lors des fouilles de Pompéi, ou d’Homère lors de la découverte du site de Troie. Elle est alors pensée sur un paradigme textuel, comme une discipline herméneutique, avec cet avantage qu’elle donnait une matérialité nouvelle aux textes. Au cours du xixe siècle cependant l’archéologie a largement dépassé le cadre défini par l’histoire – à savoir celui de l’écriture. Les études paléontologiques et préhistoriques se développèrent selon le paradigme des sciences naturelles, dans une perspective évolutionniste et suivant des principes d’observation et de classification.

Le rapprochement entre ces deux branches de l’archéologie s’est fait progressivement, et non sans heurts. En archéologie classique, les premières publications de fouilles visant une présentation exhaustive du matériel dégagé sont produites par l’École américaine d’Athènes durant l’entre-deux-guerres (séries Excavations at Olynthus et The Athenian Agora). Ces publications sont suivies de publications méthodologiques destinées à donner ses règles à l’exercice de la discipline, et notamment la pratique de la fouille (Wheeler 1954), tandis que typologie et classification, devenues les deux étapes incontournables de tout travail archéologique, permettent à la discipline de « s’émanciper de la tutelle textuelle » (A. Schnapp cité par Jockey 2013, 209). C’est au début des années 1960 que se met en place une définition de l’archéologie comme étude de la « culture matérielle » des groupes humains (Longacre 1964).

Il faut donc souligner que Foucault s’empare du modèle alors que celui-ci se trouve empêtré dans une profonde crise méthodologique, l’archéologie n’ayant plus grand-chose à voir avec l’image que s’en faisait Freud. C’est à la fin des années 1960 que s’ouvre l’un des principaux débats sur la théorie de l’archéologie. La New archaeology (Binford et Binford 1979) voulant suivre la méthode des sciences expérimentales, voire informatiques (Clarke 1968), elle fut largement critiquée durant les années 1970 (Cleuziou et al. 1973), par les défenseurs d’une archéologie fidèle au paradigme de l’histoire générale. Pour ces derniers, la méthode archéologique doit s’appliquer à des « énoncés inaudibles » qui se situent « en deçà du langage » (Cleuziou et al. 1973, 51). À la fin du xxe siècle, les archéologues semblent néanmoins avoir rejoint, non sans un virage conséquent, la conception foucaldienne de leur discipline, débarrassant celle-ci des concepts d’ « enfouissement » ou encore de « passé ». La science archéologique devient « comptable de tous les produits de la technique humaine » (Bruneau 1985, 129 sqq ; cité par Jockey 2013, 296), ouvrant ainsi la voie à une archéologie du présent.

Cette science appartient-elle uniquement aux archéologues ? L’archéologie s’est-elle jamais appartenue à elle-même ? Le but de cette journée d’étude sera de questionner l’existence d’un modèle archéologique dans les autres disciplines du savoir et plus particulièrement dans le domaine des sciences humaines et sociales. Les emprunts à la science archéologique manifestes dans ces différentes disciplines relèvent-t-ils d’un simple fait de vocabulaire et se limitent-ils à une forme de pensée analogique ? Peut-on au contraire identifier de véritables transferts de méthodes susceptibles de valoriser le dialogue interdisciplinaire ? Que reste-t-il enfin de la vieille métaphore du « livre de la terre » dans les réflexions épistémologiques contemporaines sur l’archéologie ? Telles seront les questions qui animeront notre réflexion durant cette journée.

N. Aude & M. Bastide

Bibliographie

Binford, Sally R., et Lewis R. Binford. 1979. New Perspectives in Archeology. Chicago: Aldine Pub. Co.

Bruneau, Philippe. 1985. « L’Histoire de l’archéologie: enjeux, objet, méthode ». RAMAGE 1984‑1985 (3): 19‑162.

Clarke, David Leonard. 1968. Analytical archaeology. Londres.

Cleuziou, Serge, Jean-Paul Demoule, Alain Schnapp, et Alain Schnapp. 1973. « Renouveau des méthodes et théorie de l’archéologie (note critique) ». Annales 28 (1): 35–51. https://doi.org/10.3406/ahess.1973.293329.

Flem, Lydia. « L’archéologie chez Freud, destin d’une passion et d’une métaphore ». Nouvelle Revue de Psychanalyse, n° 26, 1982 : p. 71-93.

Foucault, Michel. 1969. L’archéologie du savoir. Paris.

Freud, Sigmund. 1971. Malaise dans la civilisation. Traduit par C. et J. Odier, Paris : PUF.

Ginzburg, Carlo. 1989. Mythes, emblèmes, traces: morphologie et histoire. Traduit par M. Aymard, Ch. Paoloni, E. Bonan, et M. Sancini-Vignet. Paris.

Jockey, Philippe. 2013. L’archéologie. Paris: Belin.

Lavaud, Martine (dir.). 2008. La Plume et la Pierre : l’écrivain et le modèle archéologique au XIXe siècle, Nîmes: Lucie Editions.

Longacre, William. 1964. « Archaeology as Anthropology ». Science, no 144: 1454‑55.

Wheeler, Sir Mortimer. 1954. Archaeology from the Earth. London: Wyman.

Wheeler, Mortimer. 1989. Archéologie: la voix de la terre. Traduit par A. Pralong et M. Morel-Deledalle. Aix-en-Provence: Edisud.

Approches croisées sur la médecine et la santé

L’Association des Jeunes Chercheurs de Nanterre – E.D. 395 a le plaisir de vous convier à son prochain atelier doctoral, « Approches croisées sur la médecine et la santé ».

Cet atelier est ouvert à tou.te.s.

Il aura lieu le jeudi 24 mai 2018 de 14h à 17h, à la Maison de l’Archéologie et de l’Ethnologie (MAE) en salle 1 du Rdj (Université Paris Nanterre). Continuer la lecture de « Approches croisées sur la médecine et la santé »

Petit guide de survie #3: la fin de thèse

Vous y voici, ou presque: dernière ligne droite, derniers chapitres, dernières relectures… Et après? Après … Il y a quelques petites et grandes choses auxquelles il est bon de penser quand on finit sa thèse! Guillaume Huitorel, premier et heureux docteur parmi les ex-membres du bureau de l’AJCN395, vous a concocté un guide de survie à la fin de la thèse. Vous pouvez le télécharger ici (PDF) : Guide_survie_fin_these

et là les documents complémentaires (archive ZIP):    GuideSurvieFindeTheseAnnexes.

Bonne lecture!

Dessin: http://lapinobservateur.over-blog.com/article-doctor-style-111800600.html

Radio Campus Paris fête ses 20 ans

Radio Campus Paris fête ses 20 ans avec un concours de création sonore « Oreilles Curieuses » ouvert à tous les étudiants franciliens !

 

En 2018, Radio Campus Paris (93.9FM) fête ses vingt ans ! Vingt ans de radio, mais aussi vingt ans de création sonore. Les trois meilleures créations seront sélectionnées par un jury composé de personnalités issues du monde radiophonique, médiatique, audiovisuel et musical et récompensées le 14 juin lors d’une soirée spéciale “Création Sonore” au Petit Bain.

 

Pour plus d’information, contactez:
Maxime Le Roch
Développement & Administration
Radio Campus Paris
Tel : 
01 72 63 46 84 
http://www.radiocampusparis.org/
Facebook / Twitter / Soundcloud / Instagram

Réunion d’information sur le Doctorat

L’Association des Jeunes Chercheurs de Nanterre – E.D. 395 a le plaisir de vous inviter à sa réunion d’information annuelle « Le Doctorat, accès, fonctionnement et perspectives » spécifiquement dédiée aux étudiant·es de Master de l’UFR SSA le jeudi 15 février 2018 de 17h à 19h en salle A 305 (bât. A – René Rémond, 3ème étage).
Cette réunion, ouverte à tous les Masters 1 et 2 de l’UFR SSA souhaitant obtenir des renseignements sur ce parcours, sera animée par des doctorant·es de l’E.D. 395 « Milieux, Cultures et Sociétés du Passé et du Présent » et par Christine Marin, responsable du Service des Études doctorales, qui pourront répondre à toutes les questions pratiques que peuvent se poser les futurs chercheur·ses sur l’accès en thèse, la recherche d’un sujet, les différents financements à obtenir, les perspectives d’avenir, etc.
Nous tenons en revanche à préciser que cette réunion ne saurait se substituer à un séminaire de Master qui aurait lieu en même temps.

Aujourd’hui, l’AJCN 395 a découvert The Conversation !

Et il était temps! Le média, créé en 2015 sur un modèle existant dans les pays anglo-saxons, accompagne les chercheur·ses dans la publication de leur travail à destination du grand public. Tout le contenu est sous licence Creative Commons, encourageant ainsi leur diffusion sur les journaux traditionnels autant que sur les réseaux sociaux. C’est une association loi 1901, dont est membre une cinquantaine d’institutions de recherche (universités mais pas seulement). Il est financé par ses membres et des dons.

Autre particularité qui fait de ce site une exception dans le milieu du journalisme en ligne : The Conversation demande à chaque auteur·rice de remplir une déclaration d’intérêt, qui apparaît à côté de sa signature (par exemple, si son financement est privé, ou bien s’iel est militant·e par ailleurs).

Deux de ses membres, Cléa Chakraverty et Antoine Faure, étaient à l’Université Paris Nanterre dans le cadre de la formation « Valoriser ses recherches grâce à l’Open Access » du Service de la mobilité professionnelle des doctorants organisée par F. Beaumont, aux côtés de Lionel Maurel, Chargé de valorisation de l’information scientifique et technique à la Comue Paris Lumières, Annalisa Plaitano, Formatrice et médiatrice scientifique (www.ludmilla.science) et Isabelle Autran, Directrice adjointe à la Direction de la Recherche et aux études doctorales de l’Université Paris Nanterre.

Merci à tou·te·s !

Organisez votre atelier!

Fiche pratique

Organisez votre atelier en 5 étapes avec l’AJCN 395 :

  1. Adhérez et cotisez à l’AJCN 395 sur ajcn395.parisnanterre.fr/register/ ;
  2. Envoyez à ajcn395@gmail.com une proposition d’atelier incluant thème, date (un mois d’avance minimum) et heure ;
  3. Le bureau se charge de vous réserver une salle et vous envoie un mail de confirmation ;
  4. Confirmez votre réservation par retour de mail en vous engageant sur l’honneur à être présent à l’atelier et responsable de son bon déroulement, et en joignant un court descriptif de l’atelier (5 à 10 lignes incluant titre, thème, noms des intervenant·es éventuel·les) ;
  5. Le bureau fait votre affiche et vous aide à diffuser votre événement.

À vos idées !

Petit guide de survie #2 Propriété intellectuelle et publication

Petit guide de survie #2

Propriété intellectuelle et publication

(Compte-rendu de la table-ronde organisée par l’AJCN 395 le jeudi 26 janvier 2017, avec la participation de Lionel Maurel)

Qu’entend-on par droit d’auteur et propriété intellectuelle ?

Le droit d’auteur est un droit de propriété qui protège les œuvres de l’esprit, en particulier les œuvres littéraires et artistiques : il constitue, avec la propriété industrielle, l’une des deux branches de la propriété intellectuelle. Il implique essentiellement deux choses : le droit de contrôler ou d’interdire la reproduction de l’œuvre (réaliser des copies) et celui de contrôler sa représentation (communication à un public, diffusion), ainsi qu’un droit moral sur ces œuvres (droit de paternité et droit à l’intégrité). Certaines situations font perdre à l’auteur la première série de droits (encadrant la reproduction et la diffusion) : c’est le cas de façon générale des agents publics, qui cèdent à leur administration de tutelle le droit de reproduction et de diffusion, et ne conservent que le droit moral de paternité.

Les doctorant.e.s sont-elle.ils des auteurs?

Au sein de la catégorie des agents publics, les chercheur.e.s (et donc les doctorant.e.s) jouissent d’un statut privilégié : ce sont les seul.e.s, parmi les agents publics, à conserver l’intégralité de leurs droits d’auteur (reproduction, diffusion) et pas simplement leur droit de paternité. On verra que les chercheur.e.s et les enseignant.e.s ont aussi des droits plus importants en matière de reproduction et de représentation des œuvres d’autrui, dans le cadre de leur enseignement et de communications dans des colloques scientifiques.
Le fait de diffuser une œuvre ne nous fait pas perdre nos droits sur elle. La législation encadrant le droit d’auteur étant extrêmement protectrice, il n’est pas même nécessaire sur le plan légal d’indiquer une mention comme « copyright » ou « tous droits réservés ». L’œuvre est automatiquement protégée dès sa création, si elle est originale. En l’absence de mention contraire, un texte ou des documents publiés sur internet sont d’emblée couverts par le droit d’auteur. Ainsi, un.e chercheur.e publiant des productions sur internet (des photos de travail par exemple)  peut s’opposer à :
    – la non-reconnaissance de son droit de paternité (son nom doit être cité)
    – la reproduction de ses œuvres
    – l’association de ses œuvres à des contextes que l’auteur juge défavorables (par exemple, citation de ses articles pour encourager les actions racistes) : c’est ce qu’on appelle le droit moral.
    
Cependant l’exercice de ces droits peut être difficile à mettre en œuvre : l’auteur doit contacter le contrevenant pour qu’il se rétracte, ou bien s’en remettre au Tribunal de grande instance.
Ce droit est valable 70 ans après la mort de l’auteur. Au-delà de ce délai, la reproduction gratuite devrait être possible, mais c’est un droit qui est contourné par certaines institutions, notamment la RMN (Musée du Louvre, etc.), qui rajoute parfois des droits sur les reproductions d’œuvres du domaine public qu’elles réalisent, et font payer les réutilisations. 

Quel est le statut de la thèse?

C’est à la fois une œuvre et un document administratif. Parce que c’est un document administratif, on nous demande de déposer notre travail de thèse sous format électronique à la Bibliothèque Universitaire, afin qu’il soit mis à la disposition dans le réseau intranet de l’université, sauf quelques cas particuliers de confidentialité (secret défense, brevets…), qui sont toujours à durée limitée.
En revanche, tout.e doctorant.e est libre de décider si elle.il veut mettre en ligne son travail.

Qu’est-ce qu’une publication?

Mettre en ligne sur internet, c’est publier.
Mais traditionnellement (quoique de plus en plus rarement…) on publie par le biais d’un contrat avec un éditeur. Une publication par le biais d’un éditeur s’accompagne en général d’une cession totale ou partielle des droits de reproduction et de représentation, l’auteur conservant cependant son droit moral: ces éléments sont fixés par contrat. Tout éditeur doit en effet présenter à l’auteur un contrat, quand bien même il s’agit de publier un petit article non rémunéré, qui contient une clause de cession des droits d’auteur. L’auteur peut réclamer ce contrat s’il ne lui est pas présenté spontanément avant publication. Cette clause définit la cession des droits de reproduction et diffusion: si elle est détaillée, alors ce qui n’est pas mentionné n’est pas cédé, alors que si la clause est dite « clause de cession exclusive », alors l’auteur perd tous ses droits — par exemple celui de reproduire le paragraphe de l’article dans la version de sa thèse publiée ultérieurement.
La clause peut au contraire autoriser un usage des œuvres sans exclusivité, ou encore une exclusivité sur le support papier seul, ou numérique seul. Tout dans un contrat peut se négocier et l’auteur peut décider de l’étendue des droits qu’il veut céder à l’éditeur. 
Les chercheur.e.s en Sciences humaines et sociales sont cependant un cas particulier dans le cas particulier depuis une modification de la loi française en 2016. Quelque soit notre contrat d’édition, nous gardons le droit de diffuser une version en « open access » de nos articles, à compter de 12 mois après une publication en Sciences humaines et sociales (6 mois pour les sciences « dures »). Toutefois ce droit ne porte que sur le manuscrit final, pas sur l’article mis en page au format PDF, qui reste la propriété de l’éditeur. Nous sommes donc encouragés à partager nos articles sur le portail HAL (http://openaccess.parisnanterre.fr/hal-et-la-voie-verte/qu-est-ce-que-hal–711212.kjsp). Ce portail a été créé par le CNRS: pas de risque de revente ni d’exploitation des données personnelles, contrairement aux agissements de certains réseaux sociaux (academia.edu pour ne pas le citer).
La seule limite de cette nouvelle réglementation française est la définition de ce qui constitue un « article » scientifique : sont compris dans la loi les articles publiés dans le cadre de publications périodiques (la périodicité devant être d’au moins un numéro par an). Une telle définition exclut la plupart des communications rassemblées dans des actes de colloques, qui paraissent le plus souvent dans des ouvrages spécifiques, ou dans des séries à la périodicité plus espacée. (Cf. https://oaamu.hypotheses.org/100)

Et la traduction?

Les droits de traductions peuvent être cédés ou non à l’éditeur, s’ils ne sont pas cédés, la.le chercheur.e garde le droit de publier ses articles dans une autre langue.

Quelles sont les exceptions au droit d’auteur?

Dans certaines circonstances, des œuvres peuvent être réutilisées sans autorisation.
  • Le droit de citation: la loi autorise les « courtes citations » (mais la définition du caractère « court » de la citation, est laissée à l’appréciation subjective), et celles-ci concernent le texte et non l’image fixe ou animée. 
  • Le cadre pédagogique ou de recherche (quand on diffuse à des fins non commerciales – publier dans une revue en accès libre sur internet, ce n’est pas faire un usage commercial) : des extraits (de films, de textes) et des images peuvent être utilisées, et dans le cadre d’un cours même des œuvres entières, sauf pour les films, dont les extraits ne doivent pas dépasser 6 minutes. Dans les travaux pédagogiques (une thèse, un colloque scientifique en font partie) on peut intégrer jusqu’à 20 images habituellement protégées sans faire de demande d’autorisation, et des citations longues. On peut trouver des images sous licence libre sur Wikimedia Commons et Internet Archive. Quand on doit demander l’autorisation de l’utilisation d’une image, il faut toujours préciser dans quel cadre elle sera utilisée.
  • Les bases de données sont soumises à un droit particulier, on peut empêcher l’extraction substantielle de données.
  • Le matériel de fouille est soumis à un droit spécial (il appartient au fouilleur ou à son administration).

Et les cartes?

La règle générale, c’est que modifier une carte c’est en faire une œuvre dérivée — une nouvelle œuvre avec de nouveaux droits d’auteur.
Remarque pour les antiquisants :
Le site de cartographie antique en ligne AWMC (Ancient World Mapping Center), qui propose toutes sortes de fonds de carte et de données brutes s’appuyant sur les derniers travaux du Barrington Atlas, met désormais à disposition l’ensemble de ses cartes dans le cadre d’une licence Creative Commons simplifiée (CC BY 4.0), autorisant leur usage y compris dans un cadre commercial. Ce dernier point est important car il permet entre autres de les utiliser pour des publications chez un éditeur sans avoir à demander d’accord préalable : « most notably, content generated on this site can now be used for commercial purposes (including any and all publications) with no additional permissions or licensing » ( http://awmc.unc.edu/wordpress/alacarte/2016/06/02/updates-to-the-antiquity-a-la-carte-license/ ). La seule contrainte de cette licence CC BY 4.0 est de bien attribuer la paternité des fonds de carte à leurs auteurs (en l’occurrence, AWMC et OpenStreetMap) : c’est la contrainte d’« attribution » (le « BY » dans l’intitulé de la licence).
Alors, publions!
Merci à Lionel Maurel, Chargé de la valorisation de l’information scientifique et technique (IST) de la ComUE Université Paris Lumières, d’avoir répondu à nos questions!
Et désormais, ceux qui veulent aller plus loin peuvent consulter le guide complet du droit d’auteur: